La méfiance vaccinale alimente la résurgence de la rougeole, alertent des experts
Alors que le Canada fait face à sa plus grosse épidémie de rougeole depuis près de trente ans, des experts tirent la sonnette d’alarme. La recrudescence des cas met en lumière un phénomène préoccupant : la montée du scepticisme envers les vaccins, nourrie par des décennies de désinformation. Ce climat de méfiance compromet les efforts de santé publique et rouvre la porte à des maladies que l'on croyait disparues. Le Canada est aux prises avec sa plus grosse flambée de rougeole depuis l’élimination de cette maladie, en 1998. Selon le dernier rapport fédéral publié vendredi, 1593 cas confirmés et 253 cas probables ont été recensés cette année, dont la grande majorité en Ontario. Le Dr Peter Hotez, un virologue américain en nomination au prix Nobel de la paix pour son travail sur un vaccin anti-COVID accessible et sans brevet, estime que cette hausse du nombre de cas souligne l’urgence de mieux informer la population sur la sécurité des vaccins. Au Texas, beaucoup de gens ont inutilement perdu la vie parce qu’ils ont refusé le vaccin contre la COVID-19. Et maintenant, ces mêmes régions sont touchées par une grosse épidémie de rougeole. Le Dr Peter Hotez, un virologue américain conommé pour le prix Nobel de la paix, a déclaré que la vague actuelle de cas de rougeole en Amérique du Nord souligne l’importance de sensibiliser le public à la sécurité des vaccins. Photo : Soumise par Peter Hotez Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), trois personnes sont déjà mortes de la rougeole aux États-Unis en 2024. Le Dr Peter Hotez s’inquiète de voir ce phénomène s’étendre au Canada : En réponse à la hausse du nombre de cas, le gouvernement du Manitoba a élargi cette semaine l’accès au vaccin dans certaines régions. Le 10 mai, la province comptait 44 cas confirmés et 4 probables, dont 26 enregistrés rien qu’en mai. Un rapport du Réseau canadien de recherche sur l’immunisation (RCRI), publié en 2022, indiquait que les taux de vaccination au Canada étaient environ 5 % inférieurs au seuil de 95 % requis pour atteindre l’immunité collective. En 2023, un enfant non vacciné est décédé de la rougeole en Ontario, le premier cas mortel dans cette province depuis 1989. Le dernier rapport fédéral révèle que 83 % des cas concernaient des personnes non vaccinées et 12 % des gens au statut vaccinal inconnu. Au 10 mai, le Manitoba comptait 44 cas confirmés et 4 probables, dont 26 enregistrés rien qu’en mai. (Photo d'archives) Photo : Getty Images Selon Kathryn Hughes, historienne à l’Université de Guelph, la baisse des taux de vaccination est directement liée à la montée des théories du complot et à la diffusion de fausses informations pendant la pandémie de COVID-19. Elle rappelle que ce scepticisme remonte au début des années 1980, lorsque certaines provinces avaient imposé la vaccination pour l’entrée à l’école à la suite d’une épidémie précédente. Ce phénomène a été renforcé par les pratiques parentales intensives des années 1970, par les mouvements de santé alternative et par une méfiance croissante envers les médecins et la science. Dans les années 1990, un rapport – aujourd’hui discrédité – qui liait vaccins et autisme a profondément marqué l’opinion publique. Des parents ont vu leurs enfants développer des troubles après la vaccination. Ce n’était pas causé par le vaccin, mais cela coïncidait dans le temps. Beaucoup ont eu le sentiment que les médecins ne les écoutaient pas. Kathryn Hughes insiste : la majorité des personnes inquiètes à propos des vaccins ne sont pas antiscience, mais elles manquent de connaissances sur la manière dont fonctionne la recherche scientifique. De son côté, le Dr Hotez souligne que le fait de tendre la main à ceux qui ont été plongés dans la désinformation est essentiel pour sauver des vies. Avec les informations d’Erin Brohman et d’Arturo ChangUne flambée sans précédent de rougeole
C’est devenu une force puissante contre la santé publique
, a-t-il déclaré à l’émission Information Radio de CBC lors d’un passage à Winnipeg. 
Je crains qu’un mouvement similaire ne prenne racine en Alberta et peut-être aussi au Manitoba.
Couverture vaccinale insuffisante

Comprendre les racines de la méfiance
Les attitudes antivaccins déjà présentes se sont tout simplement renforcées
, explique-t-elle.Dialoguer et rassurer : une approche essentielle face à la méfiance vaccinale
Il ne s’agit pas de nourrir leurs doutes mais de les écouter, de les rassurer et de leur dire : "Je comprends d’où vient votre inquiétude." C’est probablement la meilleure approche.
En Amérique du Nord, on voit apparaître deux sociétés distinctes. Atteindre ces personnes est extrêmement difficile, comme le montre cette terrible épidémie de rougeole qui a déjà coûté la vie à deux enfants en bonne santé au Texas.
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